Conseils d’administration du CAC40 : forte montée en puissance des profils opérationnels

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Heidrick & Struggles, cabinet de conseil en recherche de dirigeants et leadership présente les résultats de son étude Board Monitor Europe 2021. Cette dernière dresse, à l’occasion de sa cinquième édition, le profil des 856 administrateurs nommés en 2021 dans 14 pays de la région, une ampleur inédite pour cette publication.

Les grands enseignements de l’étude :

  • L’année 2020 a été marquée par le renouvellement de 62 mandats d’administrateurs dans les sociétés du CAC40, une proportion significativement supérieure aux années précédentes.
  • La crise économique et sanitaire a amené les grandes entreprises françaises à privilégier des profils d’administrateurs avec une forte expérience opérationnelle, avec près de 77% des sièges attribués à des personnes occupant en parallèle une fonction exécutive.
  • La part de femmes nommées au conseil d’administration des entreprises de l’indice stagne, passant de 48% en 2019 à 47% en 2020, plaçant la France à la cinquième place en Europe.

Des conseils d’administration bâtis pour faire face à la crise :

Après plus d’un an de pandémie et de crise économique globale, les grandes entreprises françaises ont souhaité faire évoluer leur conseil d’administration de manière à pouvoir encaisser le choc des restrictions sanitaires, tout en anticipant le rebond et les enjeux du « monde d’après ». Dans cette perspective, elles ont nommé des administrateurs susceptibles de faire face aux nouveaux risques liés à la récession, mais également capables de relancer rapidement la rentabilité grâce à un ancrage opérationnel.

L’étude menée par Heidrick & Struggles montre, en effet, que les entreprises du CAC40 ont globalement privilégié des profils d’administrateurs expérimentés (55%) et/ou occupant en parallèle une fonction exécutive (77%, soit le double de la moyenne européenne). De même, elles ont accéléré les nominations de personnes présentant des compétences en gestion des risques financiers et conformité (50%), ainsi qu’en cybersécurité (15%), profils particulièrement prisés dans la période d’instabilité traversée par l’économie française et européenne.

Par ailleurs, les sociétés de l’indice ont pris la mesure des enjeux sociétaux montés en puissance à la faveur des derniers mois. Face à la pression environnementale accrue liée à l’accélération du réchauffement climatique, elles ont ainsi intégré une part significative de profils ayant des compétences liées au développement durable (39%). Les questions de diversité et d’inclusion ayant également gagné en importance dans le débat public, les grandes entreprises françaises ont, par ailleurs, intégré à leur conseil des personnes à même d’aborder ces problématiques et de proposer des engagements concrets (15%), ce qui représente une nouvelle tendance.  

Au contraire, la part de PDG en poste ou retraités, autrefois surreprésentés dans les nominations, continue de baisser, passant de 50% en 2019 à 40% en 2020, attestant d’une diversification progressive des profils. En témoigne, par ailleurs, l’ouverture des Boards à des administrateurs originaires d’autres pays que celui du siège de l’entreprise (44% contre 41% en 2019), malgré une proportion encore faible de profils internationaux (27%).

« Les remises en question induites par la crise économique liée à la pandémie de la covid ont rendu nécessaire un renouvellement des profils au sein des conseils d’administration des entreprises du CAC40. Les priorités ont parfois évolué et les nouveaux impératifs stratégiques ont poussé les Boards à intégrer de nouvelles compétences et expertises pour soutenir l’entreprise.  À ce titre, l’année écoulée a donné la part belle à des décideurs et dirigeants aux prises avec les défis des sociétés au quotidien, grâce à l’occupation, en parallèle, d’une fonction exécutive. » commente Sylvain Dhenin, Managing Partner CEO & Boards pour l’Europe & l’Afrique chez Heidrick & Struggles.

Stagnation de la mixité et rajeunissement progressif :

La crise n’a eu, en revanche, qu’une influence limitée sur la progression de la mixité dans les conseils d’administration hexagonaux, qui se situe au niveau d’une parité relative (47% de femmes nommées contre 53% d’hommes) quasi-équivalente à celle observée en 2019. Bien qu’en phase avec les objectifs fixés par la loi Copé-Zimmermann de 2011, la France se situe ainsi au 5ème rang européen, le Danemark (61%) et l’Irlande (31%) occupant respectivement la première et dernière position.  

Parallèlement, l’étude souligne une poursuite du rajeunissement des administrateurs français initié en 2018, l’âge moyen étant passé de 56 à 54 au cours des deux dernières années. À ce titre, le CAC40 se situe aujourd’hui légèrement en dessous de la moyenne des grandes entreprises européennes. 

« Malgré un niveau de féminisation plutôt haut en comparaison à la majorité des pays européens, la France peut encore gagner en ambition en matière de mixité au sein de ses conseils d’administration, notamment en raison de son statut, avec la Norvège, de pionnier législatif sur cette thématique. La diversité des administrateurs est essentielle car elle a un rayonnement qui irradie le reste de l’entreprise et la manière dont elle fonctionne. À ce titre, la composition du conseil se doit d’être exemplaire pour faire évoluer les réflexes et mentalités à tous les échelons hiérarchiques d’une société, a fortiori si elle est internationalisée » conclut Hervé Borensztejn, partner et regional leader d’Heidrick Consulting, l’activité de conseil en leadership d’Heidrick & Struggles.

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